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Interview de M.A. Homond sur l'Assurance-Vie

Marie-Anne Homond, chef de produit épargne chez AXA France, nous parle de l'Assurance-Vie, un produit qu'elle prend plaisir à définir comme "l'Assurance-Vie ? C'est l'outil à tout faire !"


AB : On dit souvent que l'Assurance-Vie est une assurance décès. Y a-t-il un peu de vrai ? 

Dans l'esprit des gens, l'Assurance-Vie est un produit réservé aux personnes âgées qui préparent la transmission de leur patrimoine ou leur complément de retraite.

Mais il ne faut pas réduire ainsi l'Assurance-Vie ! C'est avant tout un produit d'épargne. Pour mieux comprendre, commençons par quelques chiffres en France : l'Assurance-Vie reste le placement préfére des Français avec plus de 114 milliards d'euros de cotisations en 2007 (- 2 % par rapport à 2006). Environ 73 % des souscripteurs ont privilégié des contrats avec fonds en euro.

L'Assurance-Vie a tout pour plaire : c'est un placement souple, rentable et défiscalisé.

 

AB : Pour quelles raisons ouvre-t-on une Assurance-Vie ? 

L'Assurance-Vie correspond à deux grands axes : le premier, bien connu, est dédié à la transmission de patrimoine. Le second, qui concerne l'actif du souscripteur, a pour but de se constituer un capital susceptible d'obtenir les meilleures performances sur le long terme tout en profitant de la défiscalisation. L'Assurance-Vie, c'est l'outil à tout faire !

Prenons l'exemple d'un jeune couple qui se prépare à un projet immobilier envisagé dans quelques années, ou qui souhaite assurer ses arrières, leur retraite.
C'est vrai, on nous serine d'avertissements sur nos retraites ! D'ailleurs, le PERP (Plan d'Épargne Retraite Populaire ) a été créé par la loi Fillon le 21 août 2003 pour répondre à cette préoccupation ; des versements pendant toute la vie active (déductibles fiscalement sous conditions) sont reversés, à la retraite, sous forme de rente viagère garantie à vie.

Donc ce couple prend date pour s'assurer un petit pécule pour leurs vieux jours.

Je tiens à souligner que l'Assurance-Vie est un produit du présent et pas seulement pour "après mon décès".
Il faut rappeler que l'âge moyen des détenteurs d'Assurance-Vie diminue d'année en année. Et oui, les clients ont parfaitement compris que cela ouvre des perspectives.

 

AB : À vous écouter, ce produit est parfait ! Il a bien des défauts, non ? 

Bien sûr, aucun placement n'est parfait !
Il mise sur des performances boursières, lesquelles, par définition, ne sont pas stables... il peut arriver, effectivement, qu'il y ait une diminution à un moment donné.
Mais attention, comme c'est un produit qui s'inscrit sur le long terme, on sait qu'après une baisse, il y a toujours des jours meilleurs. Il suffit alors d'attendre...

Sans oublier quelques astuces : par exemple, les Assureurs proposent d'investir dans différents fonds, tels les fonds obligataires (type fonds en euros), lesquels proposent un risque quasi-nul avec un taux positif. Ceci permet à l'épargnant d'investir de plus en plus sur ce fonds en euros, les deux ou trois dernières années, pour se prémunir d'une éventuelle baisse des marchés.

Autre astuce, la garantie du capital sur certains contrats, appelée garantie plancher : le bénéficiaire désigné, en cas de décès du souscripteur, récupère le capital versé. Prenons l'exemple d'un souscripteur décédé cette année.
Vu les performances de la Bourse, son capital aurait sans doute diminué ; mais grâce à cette garantie, le montant des versements est assuré au bénéficiaire.
Avec une bonne gestion, l'Assurance-Vie est décidément un excellent produit.

 

AB : Comment l'Assurance-Vie se positionne-t-elle face aux autres produits d'épargne ? 

L'Assurance-Vie fait partie de la palette de l'épargne des Français.
C'est un des rares placements à être défiscalisé et grand public...

 

Grand public ? 

... Oui, l'Assurance-Vie est accessible à tous. Elle s'adresse à la fois à ceux qui possèdent aussi bien un petit capital qu'un gros, ceux qui désirent épargner tous les mois, ou encore, ceux qui veulent placer une somme d'argent de façon irrégulière (comme des primes de travail par exemple).
Sans oublier qu'on peut basculer d'un fonds à un autre, plus ou moins sécurisé ou dynamique.
Pour aider les souscripteurs dans leur choix de gestion, les Assureurs ont créé des profils : Equilibre, Croissance, et Dynamique. C'est donc le souscripteur qui choisit son propre profil, et l'Assureur qui gère en fonction de ce choix. Bien sûr, le souscripteur peut choisir de gérer seul, en toute liberté.

 

AB : Mais dans ce cas, quelle est la différence avec un PEA ? 

Pour commencer, l'Assurance-Vie peut être ouverte à tout âge, tandis que le PEA requiert la majorité et, en plus, vous pouvez en ouvrir plusieurs avec des objectifs différents, pourquoi pas ! Il n'y a pas de plafond limité pour l'Assurance-Vie, contrairement au PEA qui a un plafond maximum de 132 000 euros.

Avantage à l'Assurance-Vie aussi sur la fiscalité en cas de décès : elle ne rentre pas dans la succession, à l'inverse du PEA.

Quant à comparer l'Assurance-Vie au Livret AXA Banque, le compte sur livret, ce sont deux produits parfaitement distincts qui se complètent à merveille : les deux sont rémunérés. Le premier, le Livret AXA Banque, permettant la disponibilité des liquidités et garantissant le capital, concerne le court terme. Le second, offrant une défiscalisation avantageuse, se positionne comme un produit à long terme, avec la possibilité de dynamiser son épargne malgré quelques risques qu'on ne peut écarter pour espérer de meilleurs rendements.

 

AB : Vous avez qualifié l'Assurance-Vie de produit souple. Qu'en est-il ? 

Effectivement, l'Assurance-Vie est particulièrement avantageuse car elle est extrêmement souple.
Concernant les frais, ils doivent être clairement mentionnés sur les contrats. Ils concernent les versements et les transferts entre OPCVM : c'est l'arbitrage.

Un bon conseil : certains contrats entraînent des frais sur les retraits ! Restez vigilent !
Concernant la nécessité de disposer des fonds avant l'échéance, il y a deux solutions : le retrait (partiel ou total), que je viens de citer et, moins connue, l'avance.

Imaginons qu'un souscripteur ait besoin d'une somme d'argent de façon ponctuelle, qu'il reversera, à terme, à sa guise sur son Assurance-Vie. Son conseiller va lui proposer une avance. C'est comme un prêt, mais avec toute latitude pour rembourser (en une fois, mensuellement, etc.).

Le coût du prêt est largement diminué car l'argent retiré continue de fructifier sur le contrat d'Assurance-Vie. Et, forcément, plus le contrat sera performant, moins le prêt coûtera.
Sans oublier un avantage important de l'avance : normalement, s'il retire de l'argent de son contrat avant l'échéance, il doit supporter la fiscalité due. Mais dans le cadre de l'avance, il n'est pas concerné puisque l'argent demeure sur son contrat !

 

AB : Pour définir un profil, il y a des critères-types ; Qui décide, l'Assureur ou bien le souscripteur ? 

Effectivement il y a des critères comme l'âge, le choix du niveau de risque, l'objectif (si c'est pour se créer un complément retraite, épargner en profitant de la défiscalisation, constituer un petit capital qui financera les études à venir de ses enfants, etc.).

Naturellement, tout le monde est capable, en se fondant sur ces critères, de déterminer sa sensibilité. En cas de doute, il ne faut jamais hésiter à en parler à un conseiller.

Mais il n'y a aucune catégorie-type prédéfinie. L'Assureur est là pour orienter, conseiller, mais jamais il n'empêchera un souscripteur de déterminer comme bon lui semble son profil.

Sans oublier un point essentiel : le changement de profil en cours de route est toujours possible à n'importe quelle fréquence.

 

AB : Un dernier conseil ? 

Les avantages du contrat d'Assurance-Vie sont maintenant connus ; la question n'est donc plus de savoir s'il faut avoir un contrat, mais plutôt quel contrat choisir ! Et votre choix sera fonction de votre aversion au risque et de votre horizon de placement.